Comment gagner sa vie honnêtement - Jean Rouaud - Gallimard

Présentation,

Comment gagner sa vie honnêtement est un texte autobiographique, qui inaugure un cycle intitulé : « La vie poétique-une histoire de France ».

Le projet ambitieux de Jean Rouaud est de restituer la vie de la société française de la deuxième moitié du XXe siècle à travers son itinéraire personnel, mêlant les faits réels, les anecdotes vécues, et les émotions poétiques, littéraires, esthétiques qui ont jalonné ce parcours. Il nous livre ainsi une peinture d’époque, minutieuse et colorée : la jeunesse dans l’Ouest pluvieux, les petits boulots, les modes vestimentaires, la contestation et les communautés, l’auto-stop, le refus du salariat (voir le titre, tiré d’une citation de Thoreau) et de la vie bourgeoise, les expériences amoureuses (compliquées pour un fils des provinces catholiques), la vie étriquée des désargentés dans une mansarde avec « la compagne des jours tristes », l’attrait de l’Extrême-Orient, le basculement du monde d’une civilisation rurale vers une urbanité déréglée, tout cela éclairé par la rencontre, à cinquante ans, de « la fiancée juive » dont l’amour fournit une clé aux errances passées.

Chateaubriand, Thoreau, Rimbaud, Kerouac, Cassavetes accompagnent ce récit charmant et sensible, dont le fil se déroule au gré des souvenirs, dans un désordre savamment orchestré. On se laisse ainsi porter par une voix intelligente et mélancolique, à travers les méandres d’un récit qui parvient à marier de façon très convaincante l’intime et le collectif.

 

L'auteur,

Sa maîtrise de lettres en poche, Jean Rouaud exerce divers petits métiers comme pompiste, vendeur d'encyclopédies médicales... En 1978, il entre à 'Presse Océan' et rédige bientôt des papiers pour la 'une' du journal. Il monte ensuite à Paris ; il travaille tantôt dans une librairie, tantôt comme vendeur de journaux dans un kiosque. En 1990, il fait paraître son premier roman, 'Les champs d'honneur', un coup de maître puisqu'il obtient aussitôt le prix Goncourt. Marqué par la mort de son père au lendemain de Noël alors qu'il avait onze ans, puis par celle de sa mère en 1997, avant même qu'elle ait pu lire les lignes qu'il lui avait consacrées dans ses derniers romans, Jean Rouaud ressuscite au fil de ses oeuvres cette famille décimée, à l'aide de mots simples et de clins d'oeil emplis de malice et de tendresse.

 

Notre avis,

Premier volet de La vie poétique où Jean Rouaud revient sur les récits de sa jeunesse étudiante et raconte avec humour et ironie ses vacances au sein d'une joyeuse communauté post "saoixante huitarde" et sur sa vie de bohème à Paris.

Grand privilège de "l'autobiographie", l'auteur peut se contredire, se corriger et peut être même se réinventer.

On retrouve dans ce récit tout ce qu'on aime chez Jean Rouaud !

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