Le héron de Guarnica - Antoine Choplin - Rouergue

Présentation,

Avril 1937, Guernica. Quand il ne donne pas un coup de main à la ferme du vieux Julian, Basilio passe son temps à peindre des hérons cendrés dans les marais, près du pont de la Renteria. Ce matin du 26, alors que nombre d’habitants ont déjà fuit la ville dans la crainte de l’arrivée des Nationalistes, le jeune homme rejoint son poste d’observation au bord de l’eau. Amoureux d’une jeune ouvrière de la confiserie, il veut lui peindre un héron de la plus belle élégance, lui prouver sa virtuosité et son adresse de coloriste, alors que, déjà, les premiers bombardiers allemands sillonnent le ciel. Ce n’est pas que Basilio se sente extérieur au conflit, il a même tenté de s’enrôler chez les Républicains, mais on n’a pas voulu de lui. En ville, on dit de lui qu’il a un sacré coup de pinceau. Mais qui peut comprendre sa fascination pour ces oiseaux, l’énigme de leur regard, leur élégance hiératique, mais aussi leur vulnérabilité ? Peintre naïf, peut-être que ce Basilio, mais surtout artiste qui interroge la question de la représentation. Comment faire pour rendre par le pinceau la vie qui s’exprime dans le frémissement des plumes ? Questionnement peut-être plus essentiel encore dans ces temps de cruauté. Car sitôt les premières bombes incendiaires tombées sur Guernica, Basilio rejoint la ville pour voir, de ses propres yeux, l’horreur à l’oeuvre. Avec l’aide d’Eusebio, son ami prêtre, il photographie les avions allemands, pour témoigner de ce massacre. Mais comment rendre la vérité de ce qu’ils sont en train de vivre, ceux de Guernica, dans ce cadre limité de la plaque photo ? « Ce qui se voit ne compte pas plus que ce qui est invisible » dit-il.

 

L'auteur,

Antoine Choplin est né en 1962. Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne. Il a notamment publié, aux éditions La Fosse aux Ours « Radeau » (2003) et « L'impasse »(2006).

 

Notre avis,

Antoine Choplin avec son héron de Guarnica met en mots une tragédie de notre histoire contemporaine après la mise en couleurs de Picasso.

Et c'est justement la peinture le point de départ de ce récit; un jeune peintre qui tente de saisir la silhouette du héron du marais de Guarnica, pendant que le drame se joue sous ses yeux. Le héron disparait aux bruits des bombardiers qui s'annoncent et le silence devient pesant après le délestage continu des bombes. Le paysage devient apocalyptique. Seule la poésie du héron blessé qui revient se poser et qui est englouti par le marais nous rappelle que la mort est partout.

Très joli texte, beaux passages sur la lumière et la couleur, un bon moment de lecture.

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